Comment Dieu m'as relevée de ma dépression post-partum
- Auréline Bertail
- 21 août 2025
- 5 min de lecture
PETIT MOT IMPORTANT AVANT DE COMMENCER :
ce que je partage ici est un témoignage personnel. Je ne donne aucun conseil médical. Si tu traverses une dépression post-partum, je t’encourage vivement à chercher de l’aide auprès de professionnels de santé. Ce que je raconte est mon histoire, et comment ma foi m’a profondément aidée à en sortir.

Mes premières dépressions
À 19 ans, j’ai traversé ma première dépression. Une douleur silencieuse qui m’a marquée en profondeur et dont j’ai dû sortir presque seule. Quelques années plus tard, après la naissance de mon premier fils et la perte d’un bébé à 14 semaines de grossesse, j’ai sombré à nouveau dans une dépression post-partum. J’ai voulu chercher de l’aide, j’ai consulté des psychologues, rencontré des psychiatres, mais au fond, rien n’a vraiment changé. Leurs paroles m’enfonçaient parfois davantage, et certains m’ont proposé des antidépresseurs puissants. J’ai refusé, car j’avais vu de mes propres yeux les effets dévastateurs de ces traitements sur mon père. Je ne voulais pas suivre ce chemin. Alors, une fois encore, j’ai dû me débattre seule pour remonter à la surface.
La naissance de mon deuxième fils
Quand mon deuxième fils est né, j’étais persuadée que cette fois tout irait bien. Je me sentais entourée, aimée, soutenue, et je me disais qu’il était impossible de retomber dans une nouvelle dépression post-partum. Mais la réalité a été tout autre.
Avec le recul, je crois que Dieu m’a ramenée à Lui dès ce deuxième accouchement. Parce qu’Il savait qu’une troisième dépression serait bien trop lourde à porter seule, et que j’aurais besoin de Sa présence pour traverser ce tunnel.
Les premiers signes sont apparus quand mon mari a dû reprendre le travail après quarante-trois jours bénis passés à nos côtés. Tout est tombé en même temps : son absence, les problèmes de santé de notre bébé, des difficultés financières si lourdes qu’elles ont failli nous forcer à vendre notre maison. Je me suis persuadée que ce n’était que de la fatigue ou du stress. Mais la vérité était là : j’étais bel et bien retombée dans une dépression post-partum.
Le jour où j’ai touché le fond
Un jour, au plus sombre, une pensée terrible m’a traversée : et si j'en finissait là ? La seule chose qui m’a retenue, c’est mon fils allaité, qui refusait le biberon. Je me suis dit que, sans moi, il pourrait se laisser mourir. Cette pensée m’a glacée.
Dans ma détresse, j’ai appelé ma psychologue. Elle s’est contentée de me donner un rendez-vous pour le lendemain, en me disant « ça va aller ». Mais moi, ça n’allait pas. J’avais besoin d’une présence, là, tout de suite.
Alors j’ai pris mon téléphone et j’ai appelé le prêtre de ma paroisse. Quinze minutes plus tard, il était chez moi. Il s’est assis avec moi, nous avons parlé, prié, et il est resté jusqu’au repas. Il a partagé ce moment avec moi et n’est reparti que lorsque mon mari est rentré du travail, pour être sûr que je ne sois pas seule. Ses paroles ce jour-là résonnent encore dans mon cœur. Ce fut une main tendue, au moment exact où j’allais sombrer.
C’est ce jour-là qu’un verset a pris racine dans mon âme et ne m’a plus quittée :
« Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. »(Psaume 23:4)
Car oui, j’étais bien dans cette vallée de l’ombre de la mort. Mais je n’étais plus seule pour la traverser.
Quand Dieu est venu me relever
Dieu ne m'as pas guérit d’un seul coup, comme par un grand miracle. Il est venu par petites touches, discrètes mais puissantes, comme des rayons de lumière au milieu de ma nuit.
Parfois, c’était une prière qui apaisait mon angoisse. Parfois, un chant qui me rappelait que je n’étais pas seule. Parfois encore, c’était la Bible ouverte au hasard, avec des paroles qui semblaient avoir été écrites spécialement pour moi. Ou bien même des fidèles qui me tendait la main sans même savoir que j'allais mal.
Ce que ni les mots des hommes, ni les médicaments ne pouvaient apaiser, Dieu l’a doucement déposé dans mon cœur : une paix profonde, un espoir qui traversait mes larmes, un amour qui me relevait chaque matin.
« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. »(Matthieu 11:28)
Ce que j’ai compris
Avec le temps, j’ai pris du recul. J’ai cessé de voir cette psychologue, car j’ai compris que ses paroles ne faisaient que m’enfoncer davantage. J’ai fini par réaliser qu’elle n’avait aucun intérêt à ce que j’aille mieux : une patiente qui guérit, c’est une patiente qui s’en va.
À l’inverse, le prêtre qui m’a tendu la main ce jour-là n’avait rien à gagner. Il est resté auprès de moi simplement par amour, sans attendre quoi que ce soit en retour. Cet amour désintéressé, qu’il décrit lui-même comme soufflé par Dieu, a été une main qui m’a tenue debout.
J’ai alors compris que la médecine et la foi ne s’opposent pas, mais que parfois il n'y a que la foi pour guérir un cœur meurtri. J’ai découvert que la prière pouvait devenir un souffle vital quand on suffoque, et que Dieu nous aime même dans nos brisures. C’est Lui qui nous relève quand nous n’avons plus la force d’avancer.
« L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et Il sauve ceux qui ont l’esprit abattu. »(Psaume 34:18)
Une nouvelle résolution de vivre
Aujourd’hui, presque deux ans ont passé depuis ce jour où j’ai voulu mourir. Et pourtant, je n’ai jamais été aussi résolue à vivre. À vivre pour mes enfants, pour mon mari, mais aussi pour moi. Parce que Dieu m’a offert une vie magnifique, et que je veux l’honorer en la vivant pleinement, dans la joie et dans l’amour, malgré les épreuves.
« Voici, Dieu est mon salut : j’aurai confiance, et je ne craindrai rien ; car l’Éternel, l’Éternel est ma force et le sujet de mes louanges ; c’est lui qui m’a sauvé. »(Ésaïe 12:2)
Un mot d’espérance
Si tu traverses une dépression post-partum, je voudrais te dire de tout mon cœur que tu n’es pas seule. Même si tu as l’impression d’être dans l’obscurité la plus profonde, Dieu est proche de toi. Tu as le droit de chercher de l’aide, d’en parler, de tendre la main. Mais souviens-toi aussi que tu peux t’appuyer sur Celui qui ne te laissera jamais tomber.
Moi, Il m’a relevée quand tout semblait perdu. Et je crois qu’Il peut le faire pour toi aussi.




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