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J'ai raté mon carême ?

  • Photo du rédacteur: Auréline Bertail
    Auréline Bertail
  • 6 avr.
  • 3 min de lecture

Le carême s'est terminé dans la lumière de Pâques, dans le parfum des lys et l'alléluia retrouvé après quarante jours de silence. Et dans cette joie-là, entre deux œufs en chocolat et les rires de mes enfants, j'ai pris le temps de regarder en arrière. De faire le bilan honnête de ces quarante jours d'effort pour me rapprocher de Dieu, pour être une meilleure chrétienne, pour répandre un peu plus d'amour autour de moi.


Et ce bilan est mitigé. Parce que je n'ai pas été parfaite. J'ai chuté à de nombreuses reprises, mais surtout, je me suis relevée. Et c'est ça, je crois, qu'il est important de souligner.


Comme beaucoup, j'avais de grandes espérances pour ce carême. Jeûner : pour moi, c'était le jeûne de la nourriture industrielle et des sucres ajoutés, parce que je crois au plus profond de moi que lorsqu'on prend le temps de manger correctement, et surtout de cuisiner en conscience, cela nous rapproche de Dieu, surtout en tant que mère. Prier : c'était le chapelet chaque jour, en plus de poursuivre mes prières habituelles. Et puis aimer : arrêter les commérages, me tourner avec moins de crainte vers mon prochain. C'est cet ensemble que je voulais réaliser pour ce carême.


Et vous vous en doutez sûrement, tout ne s'est pas passé selon mes plans. J'ai cédé au fast-food certains soirs où la fatigue était trop grande. J'ai préféré certains soirs regarder une série plutôt que de prier avec Marie. Et je me suis même laissée aller aux commérages et à la critique de mon prochain. Si on ne regarde que cela, on pourrait se dire que oui, j'ai raté ce temps de carême, que je n'ai pas assez remis ces choses-là dans les mains de Dieu.


Et pourtant, ce carême a changé beaucoup de choses. J'ai d'abord compris qu'on ne peut pas rater un carême si on se relève après être tombée. Et surtout, il y a toutes ces fois où j'ai tenu bon. Tous ces soirs où j'aurais pu sortir un plat préparé du congélateur et où j'ai tout de même eu la force de cuisiner un bon repas sain pour ma famille. Toutes ces fois où j'ai voulu acheter des sucreries et où je me suis dit qu'il valait mieux utiliser cet argent pour acheter à manger au monsieur assis devant le magasin dans le froid. Tous ces jours où j'ai prié le chapelet dans la douche, dans la voiture ou en marchant, parce que c'était le seul moment que j'avais, mais que ça me tenait à cœur de le faire. Toutes ces fois où j'ai pris le temps d'aider mon prochain au lieu de passer mon chemin par "manque de temps".


Tout ça, ce n'est pas rater. Ce sont des pas vers Dieu, des pas vers le mieux et surtout, des pas qui ne seront pas faits en arrière.


Parce que c'est peut-être ça, la vraie conversion : pas un sprint de quarante jours qu'on réussit ou qu'on rate, puis qu'on oublie. Mais un chemin qui se construit lentement, un geste après l'autre, une chute et un relèvement, encore et encore. Le carême se termine, mais ce qu'il a déposé en moi, lui, reste. Ces habitudes qui ont tenu, cette attention nouvelle au prochain, cette façon de cuisiner comme un acte d'amour, elles ne disparaissent pas avec le dernier jour du carême. Elles continuent, tranquillement, de me façonner.


Et c'est le Christ qui reçoit tout ça, pas seulement nos victoires, mais aussi nos chutes, nos demi-efforts, nos prières murmurées sous la douche. Il ne nous demande pas la perfection. Il nous demande le mouvement vers Lui.


Alors si toi aussi ton carême était imparfait : bienvenue.


Qu'est-ce qui a bougé en toi, même légèrement ? Pas ce que tu n'as pas fait. Ce qui reste, malgré tout.

 
 
 

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"Là où est ton trésor,

là aussi sera ton coeur"

Matthieu 6 : 21

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