L'école déshumanise nos enfants et menace leur spiritualité
- Auréline Bertail
- 16 oct. 2025
- 4 min de lecture
Il y a quelques jours, j’ai partagé un thread où j'expliquai que nous n'étions pas du tout en accord avec les méthodes coercitive de l'école de mon fils .Parmi les réponses, un commentaire m’a particulièrement marquée. Il venait d’une professeure des écoles et disait ceci :
« Un enfant à l’école est un élève. Merci de ne pas confondre. L’attente n’est pas la même qu’à la maison. Vous risquez d’être outrée tout au long de son parcours scolaire tant que cela ne sera pas intégré. »
En lisant ces mots, j’ai ressenti à la fois de la tristesse et de la colère. De la tristesse, car il est choquant de constater qu’une personne qui accompagne des enfants au quotidien puisse affirmer qu’ils cessent d’être des enfants une fois franchie la porte de la classe. De la colère, car cette phrase résume parfaitement la logique qui nous est imposée : réduire nos enfants à un rôle, à une fonction, à une case, plutôt que de les accueillir dans leur humanité.
Et c’est précisément ce que je veux interroger ici : un enfant cesse-t-il d’être un enfant dès qu’il met les pieds à l’école ?

Cette remarque, anodine en apparence, m’a profondément interpellée. Car derrière ces mots, se cache une vision de l’enfant que je trouve inquiétante : celle où l’enfant n’est plus reconnu dans son humanité, mais réduit à un rôle fonctionnel, celui «d’élève». Cette logique de déshumanisation n’est pas seulement une question de pédagogie ou de vocabulaire ; elle dit quelque chose de notre société, de notre rapport à l’éducation, et même de notre rapport à Dieu.
Dès lors, une question centrale se pose : que perdons-nous lorsque nous cessons de voir un enfant comme un enfant, et que nous le réduisons à un simple élève ?
I. Réduire un enfant à son rôle d’élève, c’est nier une partie de son humanité
Un enfant ne cesse jamais d’être un enfant. Qu’il soit à la maison, dans une salle de classe, à l’église ou ailleurs, il reste un petit être humain avec des besoins essentiels : jouer, rêver, explorer, aimer, créer, se sentir reconnu pour ce qu’il est.
Or, en affirmant qu’« à l’école, il n’est plus un enfant mais un élève », on introduit une rupture artificielle entre deux réalités inséparables : son être et son rôle. On le définit non plus par ce qu’il est (un enfant), mais par ce qu’il doit produire (un élève).
Cette logique de réduction n’est pas neutre :
elle habitue l’enfant à taire ses émotions au profit d’attentes extérieures,
elle l’invite à se conformer à une fonction au détriment de son individualité,
elle le prépare, inconsciemment, à accepter ce même mécanisme une fois adulte, en devenant « employé » avant d’être reconnu comme humain.
C’est ainsi que, pas à pas, on glisse d’une éducation à une forme de formatage.
II. Une école qui prépare davantage à la soumission qu’à la liberté
Pourquoi une telle logique est-elle si ancrée ? Parce qu’elle sert un système. Un enfant qui apprend tôt à obéir sans se poser de questions devient un adulte qui acceptera plus facilement sa place dans un monde hiérarchisé, productiviste et utilitariste.
D’abord « élève », puis « employé », puis « citoyen consommateur », chaque rôle impose des règles, mais gomme progressivement la part vivante, spontanée et créative de l’individu. Dans cette perspective, l’école apparaît moins comme un lieu d’épanouissement que comme un lieu d’adaptation à une norme.
Pourtant, la véritable éducation devrait être l’inverse : non pas formater l’enfant pour qu’il serve le système, mais le nourrir pour qu’il devienne un être humain pleinement vivant, capable de penser, d’aimer et de transformer le monde.
III. Une déshumanisation qui est aussi une déspiritualisation
En tant que chrétienne, ce qui me frappe encore plus, c’est que déshumaniser l’enfant, c’est aussi l’éloigner de Dieu.
L’Écriture nous rappelle que l’être humain a été créé à l’image de Dieu (Genèse 1:27).Chaque enfant porte en lui une dignité inaliénable, une lumière unique, une vocation à refléter son Créateur.
Mais si, dès l’école, on lui apprend à ne plus écouter ses émotions, à réprimer ses élans, à se définir uniquement par un rôle fonctionnel, alors on l’éloigne aussi de cette voix intérieure où Dieu se révèle. Un enfant déconnecté de lui-même est aussi un enfant plus vulnérable à la manipulation.
Sans Dieu, il devient plus facile de le réduire à un rouage du système, alors qu'avec Dieu, il sait qu’il est infiniment plus : un enfant bien-aimé, porteur d’une mission, appelé à la liberté et à la vie en abondance.
______________________________________________________________________
La phrase « un enfant à l’école est un élève » résume bien plus qu’une distinction de vocabulaire : elle reflète une vision du monde où l’humain est secondaire par rapport à sa fonction. Mais un enfant reste un enfant partout et toujours.
Le rôle de l’éducation ne devrait pas être de déshumaniser pour préparer à la soumission, mais de révéler l’humain et le spirituel en chaque enfant. Car ce sont ces enfants, debout dans leur humanité et enracinés en Dieu, qui bâtiront demain un monde plus juste, plus vivant et plus libre.
Et toi comment te sens tu face à cette phrase ? Penses tu que ton enfant doivent s'effacer en tant qu'enfant pour être un bon élève ?




Bien d’accord, mais est-ce une école privée ou publique ? Dans le privé catho, je n’ai pas du tout ce sentiment, au contraire mon enfant est encouragé pat l’équipe à exprimer ce qu’il ressent.