Le choix qui a sauvé notre couple : arrêter la masturbation
- Auréline Bertail
- 25 nov. 2025
- 5 min de lecture

Il y a quatre ans, nous étions jeunes parents, complètement dépassés et épuisés par ce nouveau rythme de vie. L’arrivée de notre premier enfant avait bouleversé nos nuits, nos journées, nos émotions… et aussi, doucement, notre intimité. On s’aimait, vraiment. Mais on n’arrivait plus à se retrouver. Et sans même s’en rendre compte, notre sexualité s’était divisée : chacun vivait son désir dans son coin, souvent par facilité, souvent parce que c’était “plus rapide”, souvent aussi en s’aidant d’images pornographiques. Pas par manque d’attirance l’un pour l’autre (ça, on l’a su plus tard) mais simplement parce que la fatigue nous rendait tout plus lourd.
À ce moment-là, on ne connaissait pas encore Jésus, on n’était pas dans une démarche spirituelle ou morale. On était juste un couple au bord de l’effondrement. Et pourtant, la décision que nous avons prise, presque par instinct, s’est révélée être profondément chrétienne.
Quand la fatigue éloigne sans qu’on s’en rende compte
La fatigue fait des choses étranges aux couples. Elle efface les élans, elle casse les rythmes, elle remplace les envies par des stratégies de survie. Dans notre cas, elle nous menait à chercher le soulagement le plus accessible, le plus immédiat. Ce n’était pas par désamour, ni par ennui, ni par rejet. C’était juste la solution qui demandait le moins d’énergie : quelques minutes pour soi, sans effort, sans attendre que l’autre soit disponible, sans avoir à dépasser cette lassitude qui pesait sur nos corps et nos cœurs.
Mais cette facilité-là avait un coût que nous ne percevions pas encore. Chaque fois que nous choisissions la voie rapide, nous choisissions aussi inconsciemment de ne pas nourrir notre lien. Nous calmions notre désir, mais nous ne nourrissions plus notre intimité. Peu à peu, cela a créé entre nous un espace silencieux, quelque chose qui ressemblait à une distance molle, presque imperceptible, mais bien réelle. Et la pornographie, elle aussi, venait ajouter du flou dans notre regard, transformer sans bruit notre manière d’attendre, de désirer, de regarder l’autre.
Le jour de la dernière chance
Un soir, alors que notre couple menaçait vraiment de se fissurer pour de bon, on a eu cette conversation que tout le monde redoute mais que tout le monde devrait avoir au moins une fois. La conversation où tout est mis à nu : la fatigue, la tristesse, la peur de se perdre, l’impression d’être devenus étrangers dans notre propre maison. Et dans ce flot de paroles, une décision est sortie presque toute seule, comme si elle attendait depuis longtemps qu’on lui offre une place.
Nous avons décidé d’arrêter toute forme de masturbation solitaire. Pas pour “être sages”. Pas pour appliquer une règle. Mais parce que nous avons compris, d’un coup, que notre intimité n’avait plus d’espace commun, plus d’endroit où se rencontrer vraiment. C’était un pari un peu fou, un peu radical. Et pourtant, on a senti que c’était nécessaire, presque vital.
Les premières semaines : un passage exigeant qui a tout changé
Les premiers temps n’ont pas été simples. La fatigue était toujours là, et nos corps, eux, continuaient à ressentir du désir. Mais cette fois, il n’y avait plus d’issue facile pour l’apaiser immédiatement. Il n’y avait plus de raccourci. Le seul chemin qui restait, c’était celui qui passait par nous deux. Et ce simple fait a changé beaucoup plus de choses que ce qu’on imaginait.
On a recommencé à se parler. À s’approcher. À se toucher. À se redécouvrir, parfois maladroitement, souvent avec tendresse. L’intimité est redevenue un moment partagé, pas un réflexe individuel. Et même quand nous étions fatigués, même quand le timing était mauvais, nous avons appris à faire de la place. Pas seulement pour le désir, mais pour l’autre. Et c’est souvent dans ces moments-là, à contre-courant, que nous nous sentions le plus proches, le plus unis, comme si notre couple respirait à nouveau.
Peu à peu, une complicité nouvelle est née. Plus profonde, plus douce, plus vraie. On s’est retrouvés comme au début… mais en mieux. Et aujourd’hui, quatre ans plus tard, cette décision n’est plus un effort. C’est juste notre manière naturelle d’être ensemble, de nous aimer, de nous garder proches.
Ce que nous ne savions pas : la Bible avait déjà tout dit
Des années plus tard, lorsque j’ai rencontré Jésus, j’ai commencé à découvrir l’enseignement biblique sur le mariage et l’intimité. Et j’ai réalisé que la décision que nous avions prise dans l’urgence, sans aucune dimension religieuse… était en réalité parfaitement alignée avec la Parole.
La Bible présente l’union sexuelle comme un lieu d’unité profonde : « les deux deviendront une seule chair » (Genèse 2:24). Non pas un acte solitaire, mais un espace où le lien se renforce, où l’on se donne, où l’on se reçoit. Elle parle aussi du regard, ce regard qui façonne le désir et influence le cœur. Jésus évoque cette fidélité du cœur lui-même, lorsqu’il dit : « Celui qui regarde une femme pour la désirer a déjà commis l’adultère dans son cœur » (Matthieu 5:28). Non pas pour condamner, mais pour révéler que la sexualité n’est jamais déconnectée du regard, de l’intention, de l’âme.
Et puis il y a ce passage tellement humain, tellement réaliste, dans 1 Corinthiens 7, où Paul parle du lien intime entre mari et femme, de ce don réciproque, de cette union qui protège le couple et le fortifie. Il décrit une sexualité qui se vit ensemble, comme un espace d’alliance et d’unité, et non comme un refuge individuel pour apaiser le stress ou la fatigue.
En découvrant ces textes, j’ai compris que notre instinct, ce soir-là, avait été guidé par quelque chose de plus grand que nous. Nous avions choisi l’unité sans savoir que nous marchions déjà vers Dieu.
Quatre ans plus tard : pourquoi cette décision est devenue un pilier de notre couple
Avec le recul, nous voyons combien cette décision a transformé notre mariage. Elle nous a appris que le désir n’est pas seulement un élan du corps, mais un fil invisible qui relie deux âmes. Elle nous a appris que l’intimité ne peut pas être nourrie à distance. Elle nous a appris que la facilité cache parfois une fuite, alors que l’amour, lui, demande de la présence, de la patience, de la lenteur.
Ce choix nous a rendus plus unis, plus amoureux, plus attentifs l’un à l’autre. Il a fait de notre intimité un lieu de rencontre et non une simple gestion du désir. Et surtout, il nous a appris à reconnaître dans le lien conjugal quelque chose de tellement plus grand que nous : une alliance vivante, fragile parfois, mais profondément sacrée.
À celle, ou à celui, qui lit ceci
Je ne suis personne pour dire que chaque couple doit faire la même chose, mais en tant que chrétienne, je crois profondément que renoncer à la masturbation solitaire fait partie de l’appel à la pureté et à la fidélité du cœur. Je souhaite partager notre témoignage pour montrer comment honorer ce que Dieu a établi pour notre bien, et peut-être inspirer chacun à vivre l’intimité et le désir dans la fidélité et la pureté qu’Il désire pour nos couples.
Je veux aussi simplement partager cette vérité : lorsque l’intimité se vit ensemble, lorsque le désir devient un chemin commun plutôt qu’une échappatoire individuelle, quelque chose dans le couple se répare. Lentement. Profondément. Authentiquement.
Il ne s’agit pas d’une privation, mais d’un retour à l’essentiel. D’un choix d’unité. D’un choix d’amour. D’un choix qui nous a sauvés, littéralement. Et si tu sens que votre lien s’est distendu, que la fatigue vous a écartés, peut-être que cette voie-là pourrait être, pour vous aussi, un point de renaissance.
Avec tout mon amour,
Auréline




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