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Pourquoi allaiter un bambin est normal (et pourquoi c'est encore mal compris)

  • Photo du rédacteur: Auréline Bertail
    Auréline Bertail
  • 6 juil. 2025
  • 3 min de lecture

Dans nos sociétés occidentales, allaiter un enfant au-delà de ses premiers mois est souvent vu comme étrange, inutile, voire malsain. Pourtant, si l’on se penche sur la biologie humaine, l’histoire de l’humanité et les recommandations médicales internationales, on découvre une réalité bien différente : l’allaitement non écourté est non seulement naturel, mais il est aussi bénéfique pour l’enfant, la mère… et l’humanité dans son ensemble.



• L’allaitement non écourté, la norme biologique de l’humain

Selon l’anthropologue américaine Katherine Dettwyler, spécialiste de l’évolution de l’allaitement, les humains seraient biologiquement programmés pour allaiter leurs enfants entre 2,5 et 7 ans. Cette estimation se base sur plusieurs critères biologiques : le poids de l’enfant au sevrage chez d'autres mammifères, le développement dentaire, la croissance du cerveau, ou encore la durée de la gestation.


« Le sevrage naturel chez l’humain ne survient pas à 6 mois ni à 1 an. Ces limites sont culturelles, pas biologiques. » - Katherine Dettwyler, anthropologue médicale

Dans de nombreuses cultures traditionnelles, il est encore courant aujourd’hui d’allaiter jusqu’à 3, 4 ou 5 ans. Ce n’est que dans les sociétés industrialisées récentes que l’allaitement a été écourté pour des raisons culturelles, économiques ou liées à la sexualisation du corps féminin.



• Les bienfaits de l’allaitement à long terme


Pour l’enfant

Même après un an, le lait maternel reste un aliment vivant et adapté aux besoins de l’enfant. Il contient :

  • Des anticorps qui protègent contre les infections

  • Des graisses de haute qualité pour le développement du cerveau

  • Des protéines digestes et des enzymes spécifiques

  • Des hormones apaisantes (dont l’ocytocine) qui régulent le stress


Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’allaitement devrait être poursuivi jusqu’à 2 ans ou plus, car les bénéfices nutritionnels, immunitaires et affectifs persistent.👉 Source : OMS – Allaitement


D’un point de vue psychologique, l’allaitement reste aussi un repère sécurisant, une manière de réguler les émotions, de retrouver du calme, et de renforcer l’attachement sécure.


Pour la mère

Les bénéfices de l’allaitement à long terme ne s’arrêtent pas à l’enfant. La mère aussi en tire des effets protecteurs :

  • Réduction des risques de cancer du sein, de l’utérus et des ovaires (Source : American Institute for Cancer Research)

  • Moins de risques d’ostéoporose

  • Une meilleure récupération hormonale et métabolique

  • Des moments de connexion précieuse avec l’enfant, qui favorisent le bien-être émotionnel


Et contrairement à une idée reçue, l’allaitement à long terme ne rend pas les enfants dépendants : il les aide au contraire à devenir plus sûrs d’eux, car leurs besoins ont été respectés.



• Le regard des autres : un malaise culturel


Alors pourquoi l’allaitement au-delà d’un an est-il si mal vu dans nos sociétés ? La réponse est simple : parce que nous n’y sommes plus habitués.

Pendant des décennies, la publicité pour le lait industriel et la médicalisation de la maternité ont éclipsé l’allaitement dans la culture populaire. La poitrine féminine a été hypersexualisée, au point que son rôle nourricier semble aujourd’hui étrange passé les premiers mois. Le regard de la société n’est donc pas fondé sur des données scientifiques, mais sur des constructions culturelles.

Certaines femmes se sentent obligées de se cacher, de se justifier, ou d’arrêter malgré elles à cause du regard des autres. Pourtant, ce choix intime ne devrait appartenir qu’à la mère et à l’enfant.


« L’allaitement est un acte profondément personnel, qui mérite le respect, qu’il dure un jour ou plusieurs années. » – La Leche League International


• Aucune mère ne devrait se sentir jugée


Il est important de rappeler que parler des bienfaits de l’allaitement non écourté n’est pas un jugement envers celles qui ne peuvent ou ne souhaitent pas allaiter. Chaque parcours est unique.

Certaines femmes ne produisent pas assez de lait, ont vécu un accouchement difficile, ou ont tout simplement choisi un autre chemin. Et c’est parfaitement légitime.


Respecter les choix de chacune, c’est aussi pouvoir parler librement des bienfaits de l’allaitement, sans tabou ni culpabilité. Soutenir l’allaitement, ce n’est pas exclure : c’est élargir la connaissance et l’autonomie des femmes dans leurs décisions.



En résumé

  • Allaiter un bambin est une pratique naturelle, saine et bénéfique.

  • Les sociétés occidentales ont perdu ce repère, mais il revient peu à peu grâce à l’information.

  • Le regard des autres ne doit pas être un frein à nos instincts maternels.

  • Chaque mère mérite soutien, écoute et liberté dans ses choix.


Et toi comment te sens tu face à l'allaitement d'un bambin ?

N'hésite pas à nous le dire en commentaire avec respect et bienveillance ♥

 
 
 

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"Là où est ton trésor,

là aussi sera ton coeur"

Matthieu 6 : 21

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