Pourquoi nous ne fêtons pas Halloween (et ce que nous fêtons à la place)
- Auréline Bertail
- 31 oct. 2025
- 4 min de lecture
Il y a des histoires qu’on ne peut raconter qu’après avoir été transformée.
La mienne parle de ténèbres et de lumière, de portes qu’on ouvre sans savoir et d’un Dieu qui vient les refermer avec douceur. C’est une histoire de délivrance, mais aussi d’espérance. Et si je la partage aujourd’hui, c’est pour témoigner de Celui qui m’a ramenée à la Vie.

Chaque année, à l’approche du 31 octobre, je ressens la même petite tension dans l’air. Les vitrines se couvrent de toiles d’araignées, les enfants parlent de leurs déguisements, les citrouilles s’invitent sur les rebords de fenêtre. Et inévitablement, quelqu’un finit par me demander :
“Mais pourquoi, vous, vous ne fêtez pas Halloween ?”
Je pourrais répondre simplement : “Parce que nous sommes catholiques.” Mais la vérité est plus profonde. Ce choix ne vient pas d’une peur, ni d’un jugement, ni d’une envie d’être “différents”. Il vient d’une histoire vécue, d’un chemin, d’une conversion.
Avant de rencontrer le Christ
Il y a eu, dans ma vie, une longue période où je cherchais la lumière… mais sans savoir vraiment où la trouver. Je voulais comprendre le monde invisible, percevoir ce qu’il y a “au-delà”, sentir les énergies, maîtriser ce qu’on ne voit pas.
Alors, petit à petit, sans m’en rendre compte, je me suis tournée vers les pratiques occultes : tirages, rituels, invocations, célébrations païennes. À cette époque, tout cela me semblait innocent. J’y voyais une forme de spiritualité, une connexion à la nature, une quête de sens. Mais avec le temps, quelque chose en moi s’est obscurci. Une paix profonde s’est éteinte. Et un jour, j’ai compris que tout ce qui brille n’est pas lumière.
La rencontre qui change tout
C’est dans ce vide-là, au moment où je ne savais plus quoi croire, que Jésus est venu me chercher. Pas avec fracas, pas avec peur, mais avec une douceur infinie. J’ai découvert un amour vrai, une lumière qui éclaire sans brûler. Et j’ai compris que, depuis toujours, c’était Lui que je cherchais.
Depuis ce jour, ma vie a changé. Et je ne peux plus fermer les yeux sur ce que j’ai vu et vécu avant. Je sais, d’expérience, que certaines pratiques ouvrent des portes spirituelles qu’il vaut mieux laisser fermées. Et Halloween, aussi inoffensif qu’il paraisse, en fait partie.
Ce que représente vraiment Halloween
Beaucoup pensent qu’Halloween n’est qu’une fête pour enfants, un moment de déguisement et de bonbons. Mais dans ses racines, cette fête vient de rites païens anciens, notamment la célébration de Samhain chez les Celtes. Cette nuit marquait la fin de l’année et l’entrée dans la saison sombre. On y croyait que la frontière entre le monde des vivants et celui des morts devenait floue. Des feux étaient allumés, des offrandes déposées pour apaiser les esprits.
Avec le temps, l’Église a cherché à réorienter cette période vers la lumière, en instituant la Toussaint, la fête de tous les saints : une célébration de la vie, de la victoire du Christ sur la mort. Mais aujourd’hui, Halloween a largement repris le dessus, et avec lui, une fascination pour l’obscur, la peur, la mort et le mal.
Je l’ai expérimenté de l’intérieur : ces symboles ne sont pas neutres. Ils rappellent, invoquent et alimentent des réalités spirituelles bien réelles. Et même si l’intention n’est pas mauvaise, le terrain sur lequel on marche, lui, l’est.
Choisir la lumière
Alors aujourd’hui, dans notre foyer, nous avons fait un autre choix. Nous ne fêtons pas Halloween. Pas par peur d’un interdit, mais par amour de la lumière.
Nous voulons que nos enfants grandissent dans la paix, pas dans la peur. Nous voulons qu’ils apprennent que la vraie joie ne se trouve pas dans les déguisements ou les frissons, mais dans la beauté simple de la vie, la gratitude et la foi.
Le soir du 31 octobre, pendant que beaucoup sortent frapper aux portes, nous allumons nos bougies. Nous parlons de la sainteté, de ces hommes et ces femmes qui ont illuminé le monde par leur amour. Nous prions pour nos défunts, nous remercions pour la vie, et nous partageons un repas paisible, dans une maison baignée de lumière. Ce sont nos traditions à nous. Simples, apaisantes, vivantes.
Ce que nous célébrons à la place
La Toussaint est pour nous une fête immense une fête de victoire. La victoire de la Vie sur la mort, de la lumière sur les ténèbres, de l’amour sur la peur. C’est la fête de tous ceux qui ont dit “oui” à Dieu, dans le secret ou dans la gloire. C’est une fête d’espérance, qui rappelle à nos cœurs que la mort n’est pas la fin, mais le passage.
Et ça, c’est une vérité que je veux offrir à mes enfants : marcher dans la lumière, même quand le monde préfère les ténèbres.
Et les enfants, dans tout ça ?
Souvent, on me demande si les enfants ne se sentent pas privés, ou s’ils n’ont pas l’impression de “rater” quelque chose en ne fêtant pas Halloween. Mais la vérité, c’est que pour eux, rien ne manque.
Ils savent qu’on peut s’amuser, rire, se déguiser et manger des bonbons sans attendre une date particulière. Chez nous, ces moments de joie ne sont pas concentrés sur une fête, mais répandus tout au long de l’année, au gré de leurs envies et de la vie qui se déroule simplement. On danse dans le salon, on invente des histoires, on cuisine ensemble, on partage des gourmandises pour le plaisir, sans qu’il y ait besoin d’un prétexte.
Ne pas fêter Halloween ne nous rend pas plus tristes ni plus sévères bien au contraire. Cela nous libère de toute cette mise en scène de la peur pour nous tourner vers une joie simple, vraie, spontanée. Et les enfants le sentent profondément : ils ne perdent rien, ils gagnent la paix et la lumière qui viennent d’un foyer ancré dans la confiance et la tendresse.
En conclusion
Je ne juge pas ceux qui fêtent Halloween. Je comprends que beaucoup y voient une simple tradition, un jeu. Mais moi, je sais ce qu’il y a derrière, parce que j’y ai été. Et parce que Jésus m’a délivrée de tout cela, je ne souhaite plus retourner à ce qui m’a autrefois enfermée.
Aujourd’hui, je choisis la lumière.La vraie. Celle qui ne vacille pas, qui réchauffe et qui éclaire sans peur. Et c’est cette lumière-là que je veux transmettre à mes enfants, chaque jour, humblement, comme un petit flambeau.
“Vous êtes la lumière du monde.” (Matthieu 5,14)




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